La tunisie Medicale - 2010 ; Vol 88 ( n°01 ) : 64-66
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Article

Les tumeurs kystiques rétro rectales de l’adulte sont rares, avec une incidence globale de 1/40 000, et représentent 55 % à 65 % de l’ensemble des lésions rétro rectales. Elles prédominent chez les femmes (sex-ratio de 3/1 à 15/1 selon les séries).
Nous rapportons un cas de kyste dermoïde chez une femme jeune, en se référant aux données de la littérature et en rappelant les différentes modalités diagnostiques et thérapeutiques

OBSERVATION

Nous rapportons le cas d’une jeune femme de 32 ans, sans antécédents pathologiques notables, consultant dans un tableau fonctionnel fait de ballonnement abdominal avec sensation de pesanteur et constipation évoluant depuis 2 mois. L’examen clinique a objectivé une masse pelvienne, perçue à la palpation abdominale et au toucher rectal avec bombement de la face latérale du rectum, sans signes inflammatoires associés, ni écoulement anal.
Biologiquement, l’hémogramme, l’ionogramme sanguin, et la C-Réactive Protéine, étaient normaux, de même que les marqueurs tumoraux (Antigène Carcino Embryonnaire : 0,9 ng/ml, et Alpha Foeto Protéine : 3,7 UI/l).
La patiente a été explorée par une échographie de première intention puis par une IRM pelviennes.
L’échographie pelvienne a mis en évidence une volumineuse masse liquidienne rétro rectale pré sacrée de 12 cm de grand axe, sans calcifications ni vascularisation au doppler couleur (Figure 1). L’utérus était de taille normale, de contours réguliers avec épaississement de l’endomètre. Les ovaires étaient sans anomalie. L’IRM pelvienne a retrouvé la masse de l’espace
Figure 1 : Coupe échographique transversale passant par le pelvis : masse sphérique à contenu kystique hétérogène, refoulant le rectum et l’utérus en avant.


pelvi sous péritonéal médian, grossièrement sphérique, de signal liquidien sans stigmates hémorragiques ni calcifications ou graisse (Figures 2a et 2b). L’utérus était globuleux siège d’un
Figure 2a et 2b : Coupes IRM axiales pondérées SET1 (2a) et SET2 (2b) : masse arrondie bien limitée, de siège rétro rectal et pré sacré, en hyposignal homogène T1, en hypersignal hétérogèneT2.



épaississement de sa zone jonctionnelle avec spots hyper intenses en SET1 et SET2 en rapport avec des nodules d’adénomyose (Figures 3a et 3b).
Figures 3a et 3b : Coupes IRM sagittales pondérées SET1 (3a) et SET2 (3b) : la masse plaque le rectum en avant. A noter un épaississement de la zone jonctionnelle et un spot hyperintense en T1 au niveau de l’isthme en rapport avec une adénomyose.




La patiente a été opérée (laparotomie médiane) et la totalité de la masse a été réséquée, un drain de Redon en siphonage a été mis en place. Les suites opératoires ont été simples, avec ablation du drain à 72 heures, et sortie à J8 postopératoire. L’examen anatomopathologique a conclu à un kyste dermoïde bénin, mesurant 14 ? 7 cm, à contenu liquidien épais, associant un revêtement épidermique mature et kératinisant, à denombreuses annexes pilo-sébacées hyperplasiques.

CONCLUSION :

Les tumeurs kystiques vestigiales rétro rectales sont rares et leur prise en charge doit aboutir rapidement à l’exérèse chirurgicale complète, quelle que soit la voie d’abord utilisée. En effet, outre le risque de récidive et de surinfection, la probabilité de dégénérescence maligne existe, elle a alors un pronostic sombre


 

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