La tunisie Medicale - 2016 ; Vol 94 ( n°010 ) : 587-593
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Summary
Background: The evaluation of the proliferation in the mammary carcinomas provides useful prognostic and predictive information for subsequent management. The purely morphological evaluation of proliferative activity was represented by the evaluation of mitotic index. New analytical methods were gradually developed and performed. Among these methods, evaluation of Ki67 by immunohistochemistry is particularly interesting. Its expression is significantly increased in the cell cycle. Aim:To correlate the mitotic index as a classic method of assessing cell proliferation and Ki 67 proliferation index detected by immunohistochemistry to identify the most reliable proliferative marker. Methods:We studied 200 patients with invasive ductal carcinoma breast over a period of 12 months of 2014. We identified in each case the SBR grade, Ki67 proliferation index and the mitotic index. Correlation between the two parameters was identified using the Spearman test. A result is considered significant when p <0.01. The distribution of these markers by SBR gradewas studied using the ANOVA method. Results: Ki67 is significantly correlated to the mitotic index. Although these two methods are dependent, Ki67 is the most sensitive and bonded to SBR grade. Determination of Ki67 provides interesting information that could replace the mitotic account. It provides reliable and reproducible data that can be incorporated into a prognostic score. Conclusion: Ki67 is a more efficient marker mitotic index, reflecting the cell proliferation.
Key - Words
Article

Introduction :
La prolifération cellulaire dans une tumeur est définie par le rapport entre le nombre de cellules engagées dans le cycle cellulaire et l’ensemble de la population cellulaire tumorale. L’évaluation de la prolifération cellulaire, telle qu’elle est effectuée en anatomie pathologique, permet d’apporter des informations pronostiques et prédictives utiles au  clinicien pour la prise en charge ultérieure [1].
De nombreuses méthodes d’évaluation de la prolifération cellulaire sont employées en pathologie mammaire.Parallèlement aux techniques d'évaluation strictement morphologique de l'activité proliférative, représentées par l'évaluation  de l’index mitotique, de nouvelles méthodes d'analyse ont été progressivement développées et perfectionnées. Parmi ces méthodes, l’étude immunohistochimique au Ki67est particulièrement intéressante. L’expression du marqueur de prolifération Ki 67 est exclusivement associée ou au moins significativement augmentée lors du cycle cellulaire etsusceptible de ce fait d'être détectée uniquement dans les cellules en phase active de prolifération [2].
Sur la base de l'indice prolifératif Ki67, les carcinomes mammaires peuvent être classés en deux catégories. Les tumeurs de faible indice de prolifération sont celles avec un indice de moins de 14%. Celles avec un indice supérieur ou égal à 14% ont un indice de prolifération élevé et sont donc une indication à la chimiothérapie adjuvante. Les plus sensibles sont celles avec un indice > 25% [3, 4].
Le système de classement Scarff-Bloom-Richardsonmodifié, aussi appelé Elston-Ellis [5] recommande de classer les cancers du sein en additionnant les scores par la formation de tubes, le polymorphisme nucléaire et l’index mitotique.  Chaque paramètre est codé de 1 à 3 points. Les scores pour chacun de ces trois critères sont ensuite additionnés pour donner un score final global et le grade correspondant.
Le compte mitotique  évalue le nombre de figures de mitose. Le pathologiste doit les évaluer dans 10 champs au fort grossissement (x40).
On cherche les mitoses à la périphérie de la tumeur, et le décompte devrait être réalisé dans les zones les plus mitotiques. Les points sont accordés de la façon suivante :
1 point: 0-5 chiffres mitotiques par 10 champs sous l’objectif X40
2 points: 6-10 chiffres mitotiques par 10 champs sous l’objectif X40
3 points: plus de 10 mitoses par 10 champs sous l’objectif x 40 [5, 6].

Dans notre étude nous nous proposons d’établir  la corrélation entre l’index mitotique comme méthode classique d’évaluation de la prolifération cellulaire et l’index de prolifération au Ki 67évalué par détection immunohistochimique, afin de définir le marqueur de prolifération le plus fiable.

Résultats :
L'âge moyen des patientes dans notre étude est de 51 ans avec un écart type de 11,7 ans. La  plus jeune patiente  atteinte avait 24 ans au moment du diagnostic clinique et la plus âgée 85 ans.
La répartition complète, par âge, au moment du diagnostic tumoral est représentée sur la figure1.

La valeur moyenne de l’index mitotique dans la population est de 7 mitoses avec un écart type de 3, un minimum de 2 et un maximum de 30 mitoses. La population étudiée est regroupée en 7 classes selon les intervalles de valeurs de l’index mitotique. Ainsi, la distribution de  cet index sur la population totale suit une loi normale avec une assymétrie à droite. D’où la majorité de la population a un index mitotique modéré (plus que 70% des patientes présentent un nombre de mitoses entre 4 et 12 mitoses). Seize patientes présentent un index mitotique faible (inférieur à 4) et 40 patientes ont un nombre important de mitoses (supérieur à 12) (Figure 2).

Figure 2 :Distribution de l’index mitotique sur la population étudiée.

Le score au  Ki67 est le  pourcentage de nombre total de cellules tumorales  entrées dans le cycle cellulaire. La définition du pronostic repose sur un taux de cellules marquées compris entre 10% et 14%.
Dans notre étude la valeur moyenne de l’index prolifératif Ki67  de la population entière  est de 18 %  avec un écart type de 15 et varie entre 1 %  et 100%.La population étudiée est regroupée en 6 classes, avec une distribution de la population plus importante (80%) pour les valeurs de ki 67 comprises entre 5% et 35%.

Figure 3 : Histogramme de la répartition de la population selon le Ki67

Le camembert de grade montre que la majorité des patientes étudiées ont un grade 2.  En effet,  9,6% des patientes présentent un grade 1, alors que 64% ont un grade 2 et 26,4% un grade 3.

Figure 4 : camembert de la répartition de la population selon le grade SBR

Pour évaluer la relation index mitotique-grade et l’index Ki67-grade nous avons eu  recours à la méthode de l’ANOVA (analyse de la variance) qui compare la dispersion de l’ensemble des observations.
Les figures 5 et 6 mettent en évidence la relation entre le grade SBR- IM et grade SBR-index Ki67.
La relation entre grade SBR et IM, bien qu’elle soit positive(les deux paramètres varient dans le même sens), n’est pas linéaire montrant que le degré d’association entre ces deux paramètres est faible.En contrepartie, une relation linéaire entre l’index de prolifération au Ki 67 et le grade SBR a été bien mise en évidence (fig 6). En effet, plus l’index au Ki67 augmente plus le grade SBR est élevé. Cette relation décrite forte indique que le Ki67 présente paramètre fiable pour la détermination du grade.

Figure 5: Droite de la relation entre index mitotique et grade SBR

Figure 6 : Droite de la relation entre Ki67 et grade SBR

 La figure 7  représente la variation de l’index de prolifération au Ki67 en fonction de l’index mitotique. L’analyse statistique montre une corrélation significative positive entre l’index Ki67 et l’index mitotique (p=0.004 et Spearman rho =0.201>0) d’où  la dépendance entre les deux variables.

 

 

 

Discussion :L’évaluation de l’index mitotique et du Ki67 sont deux méthodes complémentaires malgré que leurs significations soient différentes. Bien qu’il y ait des points forts, mais aussi des limites importantes envisagées envers l’index mitotique, à notre conception le Ki67 est le marqueur dynamique le plus fin. On peut s’en servir comme un facteur pronostique puissant et il peut être très utile pour l’appréciation de l’agressivité des tumeurs mammaires [10].
Les progrès exponentiels réalisés dans la compréhension des mécanismes qui précèdent l’apparition et  la progression des cancers, ainsi que les avancées technologiques dans les méthodes d’analyse actuellement disponibles, permettent d’entrevoir une nouvelle ère dans la prise en charge des cancers du sein. Parmi ces méthodes, l’étude de la prolifération cellulaire  comme étant un trait caractéristique du phénotype malin de ce cancer. L’index mitotique et le Ki67 sont des marqueurs des cellules proliférantes et constituent une étape incontournable du diagnostic, en permettant de formuler un pronostic et de définir une stratégie thérapeutique. Cependant, les méthodes utilisées pour évaluer ce processus posent encore un problème vu leurs diversités et leurs différences. Dans notre étude nous avons essayé de déterminer si le Ki67 pourrait  substituer l’utilisation de l’index mitotique [11,12].
Notre étude effectuée sur 200 patientes atteintes de carcinome canalaire infiltrant met l’accent sur les deux marqueurs de prolifération afin de déterminer celui le plus fiable. Les résultats ont montré une forte corrélation entre les deux marqueurs (p=0.004).
L’index mitotique représente la méthode primitive d'évaluation de la prolifération cellulaire. Il correspond au pourcentage de cellules cancéreuses en train de se diviser et qui est déterminé par le comptage du nombre de figures de mitose dans 10 champs consécutifs observés au fort grossissement sur une lame coloré par la simple technique d’Hématéine-Eosine. Et bien qu'aujourd'hui de très nombreuses techniques d'évaluation de la prolifération cellulaire soient disponibles, la facilité  de cette technique est en grande partie responsable de son utilisation de routine en pratique histopathologique comme critère diagnostique et surtout pronostique. En effet, l’index mitotique représente l’un des paramètres essentiel permettant d’apprécier le grade SBR. Il a été considéré en plus le facteur le plus performant pour prédire la survie [13]. Ainsi, de nombreuses études ont souligné le rôle crucial de cet index comme facteur pronostique et pour l’orientation de la thérapie. Un index mitotique élevé (au-delà de 14 mitoses) reflète une évolution péjorative de la maladie. En plus l’activité mitotique nous renseigne relativement sur  l’hormonosensibilité ou la chimiosensibilité de la tumeur [1, 2].
Cependant, cette technique n'autorise qu'une évaluation, dans un tissu donné et à un moment précis, du nombre de cellules présentes en phase M du cycle cellulaire, seule phase morphologiquement identifiable par les modifications structurales de l'ADN qui la caractérisent.
Or cette phase représente la plus brève p&

Reference
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