

Les tumeurs malignes de la trompe sont rares et sont dominées par les adénocarcinomes. Leur fréquence n’excède pas 2 % des cancers gynécologiques et leur diagnostic est le plus souvent réalisé en pré ou post opératoire (1,2). Leur traitement de choix est la chirurgie radicale par laparotomie, associé à une chimiothérapie.
Nous rapportons une observation inhabituelle d’un adénocarcinome de la trompe découvert sur une pièce opératoire et révélé par une carcinose péritonéale.
Observation
Mme âgée de 65 ans, sans antécédents particuliers, ménopausée depuis 15 ans, admise pour l’exploration d’une ascite associée à une carcinose péritonéale, évoluant dans un contexte d’altération de l’état général, sans signes cliniques d’accompagnement. En particulier, il n’y avait pas de métrorragies ni de douleurs pelviennes. L’examen clinique retrouvait une ascite de grande abondance avec un ombilic déplissé. Les aires ganglionnaires étaient libres. Le scanner abdomino-pelvien n’a pas objectivé de masse tumorale. Une laparotomie exploratrice a été décidée. Elle retrouvait un utérus et deux ovaires de taille normale, semblant indemnes de toute prolifération tumorale. Il s’y associait une carcinose péritonéale ainsi que des nodules au niveau du grand omentum. Une hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale a été réalisée suivie d’une biopsie des nodules péritonéaux. L’examen extemporané de la biopsie péritonéale a conclu à une métastase d’un adénocarcinome papillaire séreux très probablement d’origine ovarienne. Macroscopiquement, la trompe droite était le siège d’un renflement ampullaire d’allure tumorale. La trompe gauche, l’utérus et les deux ovaires étaient indemnes de lésion néoplasique. A l’examen histologique, la muqueuse
tubaire droite était le siège d’une prolifération tumorale maligne
Figure 1 : (HEX10) formation tumorale d’architecture papillaire, dans la lumière tubaire.

d’architecture papillaire, occupant la lumière et infiltrant par endroits toute la paroi tubaire, d’aspect similaire à celui observé au niveau du nodule prélevé. La tumeur a été classée stade IIIc selon FIGO. La patiente est actuellement en cours de traitement et a reçu 2 cycles de chimiothérapie à base de cisplatinumcyclophosphamide.
Figure 2 : (HEX20) prolifération de structures papillaires ramifiées ayant un axe tantôt épais et oedématié, tantôt grêle et sclérosé.

Figure 3 ::(HEX40) papilles revêtues par un épithélium cubocylindrique montrant des atypies modérées.

Conclusion
Le cancer primitif tubaire est rare, d’étiologie inconnue et parfois confondu avec une pathologie ovarienne ou utérine. Les signes cliniques évocateurs sont rarement présents au complet.
Le diagnostic est rarement fait avant l’intervention ou l’étude histologique. Du fait de ses similitudes histo-pathologiques et évolutives d’avec le cancer de l’ovaire. Le traitement est similaire à celui de cette dernière.
- Nikuri N, DuskabL R. Fallopian tube carcinoma . surg.oncol.clin.N.Am. 1998 ;7,(2) :363-73.
- Rauthe G, Vahrson H.W.Burkhardt E. Primary cancer of the fallopian tube. Treatment and results of 37 cases. Eur .J.Gynecol.oncol. 1998.XIX, 4:356-62.





































